Avec un constant mépris, les musulmans ont présenté la période précédant l'islam comme un temps marqué par l'obscurité, la terreur et la superstition. Il est temps de rejeter cette conception avec force, et de soutenir le contraire avec l'appui d'une une grande quantité de documents, dont très peu sont en fait issus de la période elle-même.
Les Arabes d'avant l'islam n'ont pas pris le soin de se présenter à la postérité. Ils ont laissé cette tâche à ceux qui leur rendaient visite de temps à autres et finalement à ceux qui les ont détruit. L'exposé des sources laisse entrevoir un monde soumis à de rudes conditions naturelles, mais aux caractéristiques originales, d'une grande vigueur culturelle et religieuse, où l'individu, l'homme et la femme, voire le chameau ont leur place, sous l'égide de divinités plutôt conciliantes [01].
L'établissement de l'islam n'a laissé que peu de chances de survie à cet ancien monde. Il n'est resté de la révolution de Muhammad que des vestiges involontaires de trop longues habitudes, ou de secrets objets d'admiration et de respect. Ces quelques pages ne veulent prouver qu'une chose: les populations arabes ont vécu, lutté et prospéré avant l'Hégir [02].










